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Un peeling pour une belle peau

Vous viendrait-il à l’idée de repeindre une porte ou un châssis de fenêtre en bois sans en avoir retiré la vieille couche de couleur écaillée auparavant ? Il en va exactement de même avec notre peau. Pina Carraggi, Skin Coach chez Procosmetics – House of Peeling, Valérie Vroome, distributrice de la marque pHformula en Belgique, en France et au Luxembourg et propriétaire de Skincare by VV, Kim Neuhard, responsable commerciale chez Simage et Lisa Vandegehuchte, représentante/formatrice chez Bernard Cassière témoignent de l’importance du peeling en tant que remède anti-âge et lèvent le voile sur les nouveaux ingrédients et les do’s et don’ts.

Anja Van Der Borght

© Sofia Zhuravetc - Adobe Stock
© Sofia Zhuravetc – Adobe Stock

« Pourquoi les hommes n’ont-ils pas de rides au niveau de la lèvre supérieure ? Leur rasage quotidien exerce une action exfoliante sur la peau. Avis à vous, mesdames : si vous souhaitez éviter les ridules façon code-barres, pensez à effectuer un peeling doux sur le contour des lèvres tous les deux jours », prévient Kim Neuhard, responsable commerciale chez Simage. Nous avons demandé à cette spécialiste, ainsi qu’à d’autres personnes, ce qu’était un bon peeling.

Qu’est-ce qu’un bon peeling, selon vous ?

PC : « Un bon peeling convient à un large public : les jeunes comme les moins jeunes, les hommes comme les femmes, les peaux acnéiques et/ou ridées, le visage comme le corps, etc. Et à tous les types de peaux, même sensibles. Un bon peeling exfolie la peau tout en la nettoyant, la purifiant, l’oxygénant et la détoxifiant en profondeur. Il doit être inoffensif pour l’épiderme et ne surtout pas provoquer de dommages cutanés. »

KN : « Un bon peeling éclaircit le teint, diminue la profondeur des rides et stimule la régénération cellulaire, sans entraîner de rougeurs ni de desquamations qui obligeraient à rester chez soi. »

VV : « Un bon peeling stimule la peau sans l’endommager. »

Quel peeling choisir en fonction du type de peau ?

VV : « Les peelings s’adressent in fine à tous les types de peau. C’est à l’esthéticienne d’adapter le soin en fonction de la réactivité de la peau. Si celle-ci est sensible, nous appliquons un nombre moins important de couches ou espaçons davantage les séances afin de laisser à l’épiderme suffisamment de temps pour se réparer. »

LV : « Il est en effet primordial d’appliquer un peeling adéquat selon les différents types de peau. Le peeling mécanique ou à grains (le plus célèbre) est adapté à la plupart d’entre eux. Son homologue enzymatique, dépourvu de grains, apporte plus de douceur. L’un et l’autre conviennent donc aux peaux sensibles, ainsi qu’aux peaux acnéiques. Pour les secondes, nous recourrons le moins possible au peeling mécanique, au risque d’exacerber la maladie. De par leur action un peu plus profonde, les peelings aux acides de fruits peuvent s’appliquer chez les peaux matures ou en cas de pores obstrués, de teint terne et de taches pigmentaires. »

Quelles sont vos nouveautés en matière de peeling ?

VV : « Les tout derniers peelings ont la particularité de s’autoneutraliser et s’appliquent couche sur couche pour réduire au minimum le risque d’effets indésirables. »

PC : « Le Detox Peel de Nimue tire parti d’une nouvelle technologie thermique à base de complexe de triples alpha-hydroxyacides (acides glycolique, lactique et citrique, associés à des enzymes de courge). Ces enzymes exfolient en douceur les cellules mortes, ce qui rend le peeling parfaitement compatible avec une peau sensible. »

KN : « La gamme d’Estime & Sens, une marque de cosméceutiques biologiques unique en son genre, inclut un peeling formulé avec le complexe Skin Perfector qui corrige les signes notables du vieillissement tels que le dessèchement, la perte de fermeté, les rides et le teint terne. Ce complexe renferme, entre autres, de l’acide phytique, trois degrés d’acide hyaluronique de masse moléculaire différente (pour pouvoir hydrater la peau en profondeur sur trois niveaux) et des poly-hydroxyacides (ou PHA). Ces derniers sont des acides biologiques produits de façon naturelle par la fermentation d’hydrates de carbone renouvelables (présents dans le miel et la gelée royale). Comparables aux AHA sur le plan chimique et fonctionnel, les PHA présentent une masse moléculaire plus élevée. Ils pénètrent ainsi moins profondément dans l’épiderme et causent moins d’irritations que les AHA. Ils ne possèdent donc aucune propriété photosensibilisante. L’idéal pour les femmes enceintes et durant la période estivale. »

LV : « La nouvelle Poudre Exfoliante Douce de Bernard Cassière s’utilise sans eau et nettoie en profondeur. C’est un produit très innovant et ultra tendance. Cette poudre formulée à base d’acide citrique, de riz, de poudre d’avoine, d’aloe vera et de céramides de blé favorise le renouvellement cellulaire, gage d’un teint frais et éclatant. Il suffit de la mélanger à quelques gouttes d’eau dans le creux de la main pour obtenir une mousse douce. Ce peeling enzymatique sans grains nettoie la peau tout en douceur et convient par conséquent aux peaux même très sensibles ainsi qu’à celles sujettes à l’acné. »

« Pourquoi les hommes n’ont-ils pas de rides au niveau de la lèvre supérieure ? »

On m’a récemment parlé de l’acide tranexamique, un nouvel ingrédient qui apaise les desquamations cutanées provoquées par les peelings. Avez-vous déniché d’autres trouvailles révolutionnaires en la matière ?

KN : « Parfaitement. Il se trouve qu’une marque bio comme Estime & Sens peut également commercialiser une ligne cosméceutique à base d’ingrédients exfoliants comme les acides. Les nouveaux produits contiennent entre autres de l’acide phytique, que l’on retrouve dans bon nombre de sources végétales comme le riz et qui exerce une double action : d’une part, il exfolie la peau en douceur pour l’aider à conserver un teint éclatant et assure la synthèse de cellules ‘plus jeunes’ au niveau de l’épiderme. D’autre part, il régule les mélanocytes. En inhibant la conversion enzymatique de la tyrosine en mélanine, l’acide phytique contribue à l’éclat et à la fraîcheur du visage. »

Quelles alternatives existe-t-il, par exemple en cas d’allergie aux acides de fruits contenus dans certains peelings ?

KN : « Je pense immédiatement à un peeling à grains ou à base d’enzymes pour remplacer les acides de fruits. »

PC : « Le peeling aromatique du Dr med. Christine Schrammek représente une formidable alternative, dans la mesure où le mélange de plantes qui le compose se veut 100 % végétal et sa concentration s’ajuste en fonction de la sensibilité cutanée du client. Ces plantes n’entraînent pratiquement aucune réaction allergique. Le Detox Peel de Nimue renferme des acides tels que les acides glycolique, lactique et citrique qui n’entraînent aucune réaction allergique dans la mesure où cette marque utilise un mélange d’acides purs de puissance et de concentration optimales. »

VV : « Ce n’est pas ce que j’appellerais spontanément un peeling alternatif, mais une microdermabrasion ou un microneedling peuvent tout à fait se substituer à ce type de soin. »

LV : « Les peelings mécaniques et/ou enzymatiques. »

Qu’en est-il du peeling après la quarantaine ? De nombreuses femmes n’osent plus effectuer de peeling, de peur d’amincir davantage leur épiderme, alors que leur teint devenu plus terne en aurait bien besoin. Qu’en pensez-vous ?

LV : « Il importe à tout âge d’effectuer un peeling (c’est d’autant plus vrai pour les peaux matures) : le processus de renouvellement cellulaire ralentit à mesure que nous vieillissons et les cellules mortes s’accumulent plus vite avec toutes les conséquences que ce phénomène implique. En d’autres termes, il est d’autant plus essentiel de bien exfolier les peaux matures, que ce soit en institut comme à domicile. Celles-ci ne doivent pas toutes recourir au même type de peeling. Une esthéticienne vous donnera des conseils avisés à ce sujet. »

KN : « Une esthéticienne qualifiée qui prodigue des conseils éclairés peut mettre en place un programme de soin en concertation avec le client. Elle peut commencer par une douce exfoliation pour observer la réaction de la peau. Il est ensuite possible d’augmenter l’intensité si on constate que l’épiderme a gagné en résistance. C’est souvent une bonne idée de ‘secouer’ la peau afin de stimuler la division cellulaire et de renforcer l’épiderme. En parallèle, le client doit également utiliser les produits adéquats sur mesure à domicile pour restaurer le film hydrolipidique entre les cures/peelings. »

VV : « Passé la quarantaine, le renouvellement cellulaire ralentit fortement. En stimulant ce mécanisme, les peelings rendent la peau plus éclatante (en affinant la couche cornée) et lui permettent de conserver sa vitalité. »

© Ihor - Adobe Stock
© Ihor – Adobe Stock

Quid du peeling du contour des yeux ? À faire ou à ne pas faire ?

KN : « C’est tout à fait faisable, mais uniquement avec des ingrédients exfoliants très doux, jamais avec un peeling à grains. »

VV : « La peau du contour des yeux est beaucoup plus fine que le reste du visage et s’irrite plus vite sous l’effet du gommage. En outre, il faut procéder avec prudence et empêcher le produit (les grains) de pénétrer dans l’œil. »

LV : « Il convient d’éviter le contour des yeux, sauf soin réservé à cette zone en cabine. Pour la marque Bernard Cassière, ce soin inclut un gommage spécial contour des yeux qui exfolie cette zone tout en douceur. Sa réalisation par l’esthéticienne lui garantit une sécurité absolue. »

PC : « Contrairement aux peelings chimiques, les peelings aromatiques du Dr med. Christine Schrammek à base de plantes 100 % naturelles peuvent parfaitement s’appliquer très brièvement sur le contour des yeux et font également des merveilles sur les rides et ridules de cette zone. »

Quelle est la fréquence de peeling idéale ? Certains médecins esthétiques conseillent d’en faire tous les deux jours. Qu’en pensez-vous ?

VV : « Un gommage ou un peeling mécanique à domicile n’élimine que les cellules mortes des couches supérieures de la peau. On peut alors en faire deux à trois fois par semaine. S’il est plutôt question de peeling aux acides à réaliser en institut ou chez le médecin, une à deux séances par mois suffisent. »

LV : « Tout dépend du type de peeling, et surtout du type de peau. Si on en recommande en général deux à trois par semaine, mieux vaut se contenter d’une à deux séances hebdomadaires pour les peaux sensibles. »

Peut-on effectuer des peelings tout au long de l’année ?

LV : « Oui. Nous déconseillons les peelings aux acides de fruits uniquement en été. Il importe dans tous les cas de bien protéger la peau par la suite avec un FPS élevé. »

VV : « On peut en principe effectuer des peelings toute l’année, à condition de bien protéger sa peau du soleil. Il n’est pas du tout recommandé de s’exposer au soleil avec une peau ‘fraîchement’ exfoliée. Celle-ci risque en effet de brûler plus vite et de subir des dommages. »

PC : « Le peeling du Dr med. Christine Schrammek peut s’appliquer de trois façons différentes en fonction de la quantité d’herbes et la pression (douce, moyenne et forte) exercée par l’esthéticienne. Les modes doux et moyens conviennent parfaitement tout au long de l’année, tandis que le mode intense se prête mieux à la saison hivernale. »

Qu’en est-il du peeling après l’été ? Ne risque-t-il pas de faire disparaître le bronzage ?

VV : « Un peeling stimule le renouvellement cellulaire, ce qui pourrait laisser croire qu’il estompe le hâle de la peau. La couleur est en réalité bien répartie dans l’épiderme. »

KN : « Il est vrai que les cellules mortes superficielles se détachent pour laisser place à un joli teint éclatant de santé. Comme le pigment se situe un peu plus en profondeur dans l’épiderme, le hâle ne disparaît jamais totalement. On paraît toutefois bien plus jeune avec un teint frais qu’avec une peau bronzée, mais terne. Mon conseil, dans ce cas : osez le peeling ! »

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Comment expliquer en général qu’un peeling puisse dégénérer (je pense notamment au laser, au peeling chimique, etc.) ?

PC : « L’esthéticienne s’adapte à chaque type de peau, d’une séance à une autre, en augmentant progressivement la durée et l’intensité du peeling. Elle garde toujours la maîtrise totale d’un peeling aromatique. Elle détermine elle-même la quantité d’herbes à utiliser et arrête le soin lorsqu’elle estime que la peau est suffisamment irriguée. »

VV : « Dans 90 % des cas, le problème vient d’un excès de produit et de séances trop rapprochées. Si on applique trop de couches et/ou si on ne laisse pas le temps à la peau de se régénérer, on obtient souvent des effets secondaires comme des rougeurs ou des desquamations extrêmes, voire parfois des taches pigmentaires (hyperpigmentation post-inflammatoire, ou HPI). »

KN : « Beaucoup de raisons me viennent à l’esprit : une consultation préliminaire bâclée, un accompagnement insuffisant, un manque d’observance des consignes données par le médecin/l’esthéticienne après le traitement, une protection solaire déficiente, etc. »

Peut-on simplement s’adonner à toutes les activités après un peeling (exposition au soleil, sports, sauna, etc.) ?

VV : « Après un peeling, on conseille toujours d’éviter tout contact du visage avec de l’eau ou une source de chaleur pendant quelques heures (pas de natation ni aucun autre sport, pas de sauna, pas de douche, etc.). L’eau peut en effet activer certains peelings professionnels. Fuyez également le soleil, car ses rayons peuvent brûler une peau exfoliée très très vite. »

D’autres do’s and don’ts en matière de peeling ?

KN : « Faites-vous bien accompagner et convenez d’un programme avec votre esthéticienne professionnelle. Ne vous laissez pas aller et réalisez également des gommages à domicile entre les séances, mais sans en faire trop : tout excès reviendrait à avoir la peau brûlée par le soleil ! L’épiderme va alors desquamer. Nous n’avons pas encore réglé ce phénomène à la racine et la solution consiste à créer une peau saine, suffisamment forte et énergique pour se régénérer. Principe d’épigénétique ! »

PC : « Il faut absolument continuer à prendre soin de sa peau au quotidien avec les produits adéquats, recommandés par l’esthéticienne. Le nouveau ThermoFlash Peel Mask de Nimue peut s’utiliser à domicile pour entretenir et renforcer les résultats du soin en institut. Ce masque peeling raffermit la peau et lui confère un teint éclatant de santé instantanément. Nous proposons également des lingettes pratiques à base de complexe de triples AHA qui peuvent agir toute la nuit. Les effets des acides se prolongent jusqu’au lendemain matin, pour un rendu époustouflant. »

VV : « Conseillez à vos clients d’hydrater suffisamment leur peau (plusieurs fois par jour s’ils l’estiment nécessaire). Soulignez également l’importance de n’utiliser que les produits recommandés par l’esthéticienne. Ils sont en effet adaptés selon le soin et ne renferment aucun ingrédient susceptible d’irriter ou d’endommager l’épiderme. »

Qu’en est-il des peelings corporels ? Quelle importance ont-ils et faut-il insister sur certaines zones en particulier ?

LV : « Les gommages corporels revêtent une grande importance et on a fréquemment tendance à les négliger. C’est dommage, car les produits pour le corps (lait, huile, etc.) agiraient ensuite bien plus efficacement et la peau serait également mieux hydratée. Pensez à insister sur la plante des pieds et les talons. Ces deux zones, en général un peu plus rugueuses, sont souvent délaissées (lors d’un peeling). »

KN : « Un peeling corporel constitue une excellente préparation à un départ en vacances ou à l’application d’un autobronzant de qualité. En outre, l’exfoliation uniformise le teint et améliore l’éclat de la peau, gage d’une apparence plus jeune. Ce type de traitement joue également un rôle important dans l’optimisation du drainage des toxines, ce qui est utile dans le cadre d’un programme amincissant. »

Avez-vous autre chose à ajouter au sujet des peelings ?

KN : « Le peeling est le meilleur remède anti-âge ! » •