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Un « hâler simple » pour l’été

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Bientôt le grand départ vers le soleil, la plage et les joies du bronzage. C’est le moment de faire le point sur les récentes découvertes, les recommandations « sea, safe and sun » et les dernières tendances de la beauté solaire. Au zenith du sujet  : toujours plus de protection. Ouvrons le parasol…

Catherine Malaise

L’approche de l’été est un peu « inconfortable » pour une esthéticienne. D’un côté, il est de son devoir – et de son intérêt – de mettre en garde contre ce soleil tellement désiré mais qui peut rider, tacher et malmener la peau sans pitié. De l’autre, elle se refuse d’être taxée de rabat-joie par les clientes pressées d’oublier les tracas de l’année sous des cieux plus bleus. Pour éviter de casser l’ambiance et de les voir filer acheter ailleurs leurs solaires, la diplomatie s’impose. Commençons par les « plus » toujours agréables à entendre. Le soleil est la source de la vie sur Terre. C’est son rayonnement qui, via la lumière et la chaleur, rend possible la photosynthèse des végétaux et la présence de l’eau. Quant aux humains, le soleil les rend heureux et détendus via la sécrétion d’endorphines, les hormones du bien-être. Ses rayons UVB sont également les meilleurs fournisseurs de vitamine D : exposer 2/3 de sa peau trois fois par jour durant 20 minutes permet de fabriquer 20 000 IU. Récemment, des chercheurs en dermatologie ont découvert que lorsque l’on s’expose, le taux d’oxyde nitrique dans le sang augmente. Cela diminue la pression sanguine et pourrait donc améliorer l’hypertension.

Les « moins »  : « oui, on sait, mais… »

Selon les résultats d’une étude épidémiologie mondiale*, menée auprès de 17 000 participants dans 17 pays et présentée au congrès 2022 de l’American Academy of Dermatology (Boston), 81% sont conscients que l’excès de soleil accélère le vieillissement de la peau et peut entraîner des dommages irréversibles à l’ADN jusqu’aux cancer cutanés. Et pourtant, la même étude révèle que les habitudes de protection solaire demeurent insuffisantes. 15% n’utilisent jamais de crèmes protectrices, 88% pas systématiquement et seuls 26% les appliqueraient toutes les deux heures comme il est requis ! Pourquoi un tel déni des bonnes pratiques solaires ? L’étude table sur des idées reçues et le fait d’être mal informé mais la raison pour laquelle on abuserait si facilement des rayons, c’est parce qu’ils sont très addictifs. Plus on s’expose, plus on a envie de reprendre une « dose » d’UV ! En même temps, la pression sociale à bronzer existe toujours : si on part en vacances, il faut que cela se remarque.

Chiffres gagnants : 30 et 50

« Pfff, encore des SPF 30 et 50 », soupirent des clientes décidées à bronzer au plus vite. Inutile de se rabattre sur les parfumeries : même les marques les plus sunissimes évincent les SPF 15. Que dire alors aux nostalgiques des bas indices dignes des années 70 ? Primo, les hautes filtrations ne sont pas des écrans : elles laissent passer assez de rayons pour bronzer et déclencher la production de vitamine D. Secundo, le niveau de protection mentionné dépend de la quantité de produit appliqué. Les dermatologues recommandent 2 mg par cm2 de peau, soit 6 à 7 cuillères à café ou l’équivalent d’une balle de golf toutes les deux heures, après chaque bain et dès que sueur et frottements réduisent le film protecteur. à ce rythme, un tube 200 ml dure à peine trois jours. Dans la pratique, on met donc souvent moins de produit que ce qu’il faudrait : la protection sera forcément réduite. D’où l’intérêt d’un soin SPF 50 qui, même utilisé en quantité inappropriée, sera plus efficace qu’un indice 15. Heureusement, les textures sans cesse plus sensorielles et légères aboutissent à une réelle « compliance » ou plaisir d’application ressenti. On pourrait le qualifier d’actif n°1 car c’est lui qui incite à utiliser le solaire de façon régulière et généreuse. Crème onctueuse, lait fluide, huile sèche, brume invisible ou gel rafraîchissant : la galénique n’influence pas le SPF qui est obtenu par des calculs objectifs. Depuis plusieurs décennies, le facteur de protection solaire est mesuré in vivo sur la peau de volontaires exposés à des lampes de laboratoire. La Commission Européenne soutient le développement de méthodes alternatives de tests in vitro. Un pari scientifique difficile pour l’industrie cosmétique mais humainement préférable !

L’actu sans filtre des filtres solaires 

La protection solaire devenue un enjeu de santé, l’objectif des filtres est de couvrir la totalité du spectre solaire ou de s’en rapprocher. Depuis les UVB et UVA jusqu’aux infra-rouges et la lumière bleue, la peau a quelque chose à reprocher à chaque facette du soleil. Très énergétiques, les 5% d’UVB la brûlent, favorisent l’hyperpigmentation et les cancers cutanés sans même franchir la frontière de l’épiderme. Insidieux, les 95% d’UVA et UVA longs atteignent l’hypoderme et endommagent significativement les cellules. Parce qu’ils pullulent toute l’année et traversent le verre, la peau est en moyenne exposée 20 fois plus aux UVA qu’aux UVB. On sait à présent qu’ils jouent un rôle clé dans le cancer de la peau, les taches pigmentaires et le vieillissement cutané. L’urgence est de s’en protéger jusqu’au bout de leur longueur d’onde, entre 380 et 400 nm. Les infra-rouges (90% du spectre solaire) pénètrent profondément dans l’épiderme, y libèrent de la chaleur et intensifient les effets des agressions des UV (rides et taches brunes). Les protections solaires leur barrent également la route en déployant de véritables systèmes filtrants composés de plusieurs filtres. 

La lumière bleue a le blues

Fini de la laisser tranquillement à l’œuvre : cette partie de la lumière du jour stimule des enzymes qui dégradent la matrice cellulaire et contribuent au vieillissement accéléré de la peau. Selon des études, la lumière bleue aurait un effet aggravant sur les problèmes d’hyperpigmentation. Des travaux récents ont démontré qu’elle était même susceptible d’altérer la structure de l’ADN des cellules cutanées. Des filtres et un extrait de spiruline riche en phycocyanine aident à réduire très nettement ces risques. En revanche, un dermatologue chercheur à l’Insern estime que la lumière bleue artificielle n’est pas une menace au niveau cutané. A titre de comparaison, s’exposer 90 minutes à la lumière bleue solaire équivaut à la quantité de lumière bleue artificielle émise par un smartphone durant une semaine, entre 5 à 7 heures par jour…

L’excès de soleil accélère le vieillissement de la peau

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Taches brunes et bronzage

L’éternel dilemmne : les clientes veulent dorer, mais sans taches ! Les solaires visage haute protection avec mention « antitaches » favorisent une répartition harmonieuse de la mélanine. Néanmoins, le premier plan d’action consiste à renforcer d’abord la peau en lui versant de larges rasades d’antioxydants. à table (fruits et légumes) ou en gélules. Une stratégie largement défendue par la marque belge Celestetic avec son sérum Global Perfect : « il est plein d’antioxydants, il va donc lutter contre les dégâts des UV ! En vacances au soleil, nous conseillons de l’appliquer chaque matin avant notre Sun Cream SPF 50 blindée, elle aussi, d’antioxydants. L’astuce antitaches est de pouvoir ensuite le mélanger tout au long de la journée à la crème solaire. La qualité pharmaceutique de nos soins permet le mix & match : 95% de leurs principes actifs sont absorbés par la peau. La problématique des soins antitaches, c’est qu’ils peuvent empirer la situation à cause de leurs composants (paraffine, huiles minérales) ». Parmi les actifs « détachants », la niacinamide apaisante figure en bonne place. On la retrouve d’ailleurs au menu Whitening Repair Celestetic.

Protéger les coraux : bof, c’est loin  ! 

Les produits solaires sont souvent pointés du doigt pour leur impact négatif sur l’environnement marin. Depuis 2 ou 3 saisons, l’industrie cosmétique réagit en testant la non-toxicité des filtres organiques sur blanchiment des coraux. La protection des récifs coralliens des îles tropicales n’interpelle pas forcément quand on passe ses vacances à la Costa Brava ! Une étude récente de l’université de Barcelone aide à se sentir plus concerné : en Espagne, les baigneurs badigeonnés de crème solaire endommageraient les prairies de posidonies, ces algues typiques de la Méditerranée dont l’écosystème unique abrite 1 000 espèces d’animaux marins et protège les plages de l’érosion. Même si c’est moins glamour, les marques devraient insister sur le fait que des formulations plus « bleues » protègent tous les organismes aquatiques, y compris les algues ! Elles sont, rappelons-le, un formidable réservoir d’actifs… 

Derniers conseils avant le grand départ 

Il faut sans cesse les répéter : un bronzage réussi se prépare en hydratant sa peau chaque jour et en l’exfoliant 1 à 2 fois par semaine. La veille du départ, prendre rendez-vous pour une application d’autobronzant en institut. C’est l’assurance d’arriver déjà bronzée (sans traces ni démarcations) et de ne pas être tentée de s’exposer tout de suite. Le simili-hâle dure 3 à 4 jour, pile le temps qu’il faut à la peau de développer un bronzage naturel. Moins sympa, mais indispensable : faire vérifier ses points de beauté par un dermato, couvrir les tatouages récents et des cicatrices encore roses pour éviter une hyperpigmentation. 

Sun-parade des marques 

Au top du hâle sous contrôle et de l’efficacité de l’application plaisir, il y a Sothys qui dote sa courte gamme solaire SPF 30 à 50 de galéniques ultra sensorielles et d’une senteur fleurie-vanillée. Payot peaufine aussi la gourmandise sunny : Crème Savoureuse et Crème Divine ! Klapp vient de mitonner un masque-dessert pour calmer la peau agressée par les UV : l’Orange Coconut Effect Mask Aroma Selection. Chez Bernard Cassière, le nouveau masque apaisant « muesli » peau sensible peut faire office d’après-soleil nourrissant grâce à sa texture yaourt « Skyr » à base de beurre de karité et d’huile d’amande douce. Clientes en quête d’indice 15 ? à elles, l’Huile de Rêve Payot et l’Invisible Sun Face & body Suncream où la marque italienne Rhea glisse un extrait de physalis réduisant l’inflammation et stimulant la synthèse de collagène. Spécialiste de l’antitaches, Nimue Skin Technology dote ses solaires visage SPF 40 et 50 de hautes doses d’antioxydants contre les méfaits conjugués des IR et de la lumière bleue. Marque bio, écologique et vegan, Absolution peut préparer idéalement la peau avant le départ (et au retour, entretenir le hâle) avec son Soin du Corps antioxydant, hydratant, nourrissant et gainant. Maria Galland Paris pense aux sportives en équipant ses crèmes solaires visage et corps anti-âge d’une technologie Light-Emulsion qui résiste bien aux activités de plein air.