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Détox : les choses à faire et à ne pas faire


Notre peau est le miroir de notre santé. C’est pourquoi nous misons toujours plus sur des soins détox ciblés dans le traitement des problèmes de peau.
Je mange donc je suis

Sylvia Silvester

Notre corps est une usine chimique complexe où se déroulent chaque jour des centaines de processus chimiques dont nous n’avons pas conscience, mais qui sont essentiels à notre métabolisme, notre santé, l’état de notre peau et même notre bien-être mental. Certaines dépressions seraient par exemple liées à une carence en vitamine D. De multiples facteurs jouent un rôle dans ces processus chimiques. Notre alimentation, par exemple, mais aussi l’air que nous respirons, le tabagisme, l’alcoolisme, le manque de soleil ou la surexposition à ce dernier, etc. L’industrialisation expose notre corps à un nombre de toxines plus important que jamais : médicaments, pesticides, conservateurs, arômes tels que le glutamate, édulcorants tels que l’aspartame, sans parler des additifs, produits chimiques, métaux lourds, des colorants, de la pollution, de l’eau du robinet contaminée et de l’alcool. Même les plombages dentaires contenant du mercure et du palladium accéléreraient l’acidification de l’organisme. Des études récentes ont également révélé la présence de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) nocives dans notre organisme. Ces composés synthétiques sont notamment utilisés pour imperméabiliser les tenues de ski, mais on les retrouve aussi dans le papier hydrofuge et oléofuge et les textiles imprégnés. Certaines substances utilisées pour le revêtement des poêles antiadhésives finissent même dans l’organisme. L’industrie se tourne de plus en plus vers des produits chimiques que la nature ou le corps humain sont incapables de décomposer.
Notre alimentation et nos modes de vie ont radicalement changé au cours du dernier siècle. Dans le monde occidental industrialisé, nous mangeons différemment : plus sucré, plus salé, plus gras, plus de viande, de produits laitiers, de plats prêts à l’emploi à base de farines blanches, de sucres industriels, sans oublier les sodas sucrés, le café, les sucreries, les plats préparés et les fast-foods. Les directives diététiques américaines prescrivent une consommation journalière de 200 grammes de fruits et 600 grammes de légumes dans le cadre d’une alimentation saine. En réalité, seuls 10 à 15 % de la population américaine respectent ces recommandations.
De plus, nous sommes de plus en plus sédentaires. Nous passons plus de temps devant l’ordinateur ou l’écran de télévision et nous sommes plus stressés. Au vu des modes de culture actuels, les matières premières naturelles contiennent également moins de minéraux vitaux qu’auparavant (le sélénium par exemple). Pour toutes ces raisons, la masse corporelle d’un Occidental lambda a augmenté de plus de 30 % et notre corps s’est acidifié. À l’heure actuelle, certains scientifiques attribuent un grand nombre de maladies liées à l’âge et au mode de vie à l’acidification de l’organisme. Les lourdes conséquences sur l’état de notre peau sont inévitables. En tant qu’organe excréteur essentiel, la peau assure en effet l’élimination des déchets et des toxines liposolubles, comme le DDT et les métaux lourds, dont le plomb. En outre, le foie, les intestins, les reins, les glandes sudoripares et sébacées filtrent quotidiennement les déchets, et les systèmes circulatoire et lymphatique éliminent environ six milliards de cellules mortes pour préserver la pureté de l’organisme.

Qu’en est-il de cette acidification ?

L’acidose est un trouble de l’équilibre acido-basique, qui touche de nos jours 80 % des habitants des pays industrialisés. S’il n’y a pas assez de bases présentes dans le corps, l’organisme n’est pas en mesure de neutraliser ni de se débarrasser de l’excédent de toxines métaboliques acides. Ces acides excédentaires sont donc stockés dans le tissu conjonctif et adipeux, dans notre foie et nos reins (deux organes purificateurs essentiels) et ne sont libérés que lorsque le sang dispose à nouveau de suffisamment de composés basiques. Le corps met constamment tout en œuvre pour maintenir le bon pH sanguin, mais n’y parvient pas toujours. Dans un sang sain, le pH doit se situer entre 7,35 et 7,45, contre 5,5 en moyenne pour la peau.
L’un des grands problèmes de l’acidose est qu’il s’agit d’un processus lent et graduel qui s’exacerbe avec le temps et que nous ne remarquons généralement pas avant un certain stade. Elle déclenche alors toutes sortes de troubles. Cependant, certains symptômes peuvent signaler un déséquilibre, comme la chute des cheveux, les ongles cassants, les pellicules et toutes sortes de problèmes de peau : rougeurs, hypersensibilité, sécheresse, desquamation, irritations, démangeaisons ou tiraillements inexplicables auxquels aucune crème ne semble remédier.

L’oxydant n°1 : le soleil

Dans les années 80, le lien entre le soleil et les lésions de l’ADN, le cancer de la peau et le vieillissement cutané prématuré est établi. Les scientifiques découvrent alors que le soleil joue un double rôle. D’une part, il stimule la synthèse de la vitamine D essentielle, mais d’autre part, il est aussi responsable de la production de radicaux libres nocifs et de dommages cutanés majeurs. En réponse à cette découverte, de nouveaux filtres UVA et UVB sont développés et des méthodes alternatives de protection solaire sont étudiées (comme chez Pharmos Natur). Cette quête de nouveaux agents protecteurs se poursuit sans relâche aujourd’hui encore.
Il est peu probable que l’Européen lambda renonce à ses envies de bronzage et à sa (sur)dose de soleil. Après tout, une peau joliment hâlée reste synonyme de sport, de santé, de vacances, quitte à devoir composer avec les radicaux libres. C’est une question de culture, diamétralement opposée à celle de l’Asie, où le teint de porcelaine zéro défaut reste l’idéal de beauté et où de nombreuses femmes ne se promènent jamais sans leur ombrelle, même par temps couvert…

Comment et pourquoi pratiquer la détox ?

Pour garder notre corps et notre peau en bonne santé, il est important de se désintoxiquer régulièrement. Le marché de la détox est en plein essor : il suffit de regarder le nombre de compléments alimentaires, boissons, sticks, patchs (pour les pieds) et soins détox disponibles de nos jours.
L’approche idéale consiste à combiner cures détox internes et externes. Le printemps est le moment idéal pour un grand nettoyage organique. Parmi les cures efficaces, citons la cure de jus, où la nourriture solide est remplacée par des jus naturels qui décomposent les toxines présentes dans le corps, purifient l’organisme et procurent une bonne mine et un regain d’énergie. La méthode Mayr du docteur autrichien du même nom est un bel exemple de cure raisonnée. Cette cure est supervisée par un médecin certifié Mayr et entièrement adaptée au patient. Cette méthode détox conjugue la consommation d’aliments digestes et d’eau en abondance, la libération des toxines par le sport, la respiration et la rediversification lente. Il existe, bien sûr, d’autres cures de jeûne ou de jus naturelles à base de jus prêts à l’emploi, de thés détox et de recettes anti-acidité. Certaines personnes pratiquent pour une cure de jus mensuelle de trois jours. Les médecins ou thérapeutes orthomoléculaires sont eux aussi à même de fournir d’excellents conseils en matière de détox. Un bon encadrement est essentiel lorsqu’on pratique une cure de jeûne approfondie, car la libération des toxines peut provoquer des effets secondaires : maux de tête, sommeil agité, faim, douleurs musculaires, irritations, nausées, etc. Il existe également des cures de jeûne ou de jus à réaliser soi-même. Ce type de mini-cure peut durer trois, six ou neuf jours, par exemple. On trouve de nombreux livres sur la détox dans le commerce et Internet est une source intarissable d’informations (recettes, cures de jus, etc.). Certains sites proposent même des cures de jus prêtes à l’emploi. Sans oublier les thé-tox au séné, à la cannelle, au gingembre, à la réglisse, au maté ou encore au pissenlit.


Conseils


• La boisson ayurvédique Samata et les compléments Norvia (de DLG) constituent un excellent soutien à la détox.
• Notre corps est en grande partie composé d’eau. Boire beaucoup d’eau favorise donc la fonction d’auto-nettoyage de l’organisme.
• Remplacez occasionnellement un repas par un smoothie ou un shake de légumes.
• Une consommation régulière de thé vert aide à soutenir le processus de désintoxication.
• Les airelles, les canneberges et les baies de goji sont riches en antioxydants.
• Le sauna et le hammam favorisent la purification de l’organisme.
• La vitamine C est un antioxydant important, qui peut se prendre sous forme de poudre, de gélule ou de cachet. Prenez également la bonne habitude de mettre régulièrement les agrumes au menu.
• Les oignons et l’ail sont des aliments nettoyants. Et les asperges contiennent du glutathion, une importante substance détox qui se lie aux toxines liposolubles telles que les métaux lourds, les solvants et les pesticides et les rend hydrosolubles afin qu’elles puissent être évacuées dans les urines.
• Envie d’une détox détente et grand luxe ? Diverses compagnies, telles que Puurenkuur, proposent des escapades détox (qui devraient reprendre après la crise sanitaire). Un très bon hôtel wellness spécialisé dans la détox (et qui travaille également avec la cure Mayr) est le Park Igls en Autriche (Park Igls – Health Retreat Park Igls in Austria : Tyrolean Mayr Clinic (park-igls.at)), que j’ai eu l’occasion de tester. Pas bon marché, mais très efficace, et il y plane une merveilleuse ambiance de vacances.

Le pouvoir de l’argile

Depuis des milliers d’années, l’homme utilise l’argile pour soigner les blessures, se protéger du soleil et se désintoxiquer. L’argile lie les toxines et les évacue. Les enveloppements à l’argile sont en vogue dans les spas et de nombreuses marques l’intègrent dans leurs produits pour purifier et détoxifier, chez Ahava par exemple, avec le Dead Sea Detox Body Wrap. L’usage interne d’argile à des fins de désintoxication n’est pas sans risque et doit être encadré par un spécialiste. •


Bienfaits détox chez les marques :


• Le soin D-Tox Peau Neuve de Maria Galland Paris.
• La crème de jour FPS 30 et les ampoules Anti-Pollution de Dr. Med. Christine Schrammek.
• Babor présente quatre nutriceutiques à base d’antioxydants bienfaisants.
• Absolution propose le Booster Protection certifié bio, pour protéger et réparer la peau.
• Consulta présente PCA Skin, des peelings auto-neutralisants.
• Sothys chouchoute la peau avec le soin intensif en cabine Detox Energy™.
• Cryothérapies chez Eden, Luxomed et Luno.
• Gharieni dévoile le Triple Detox Therapy MLX13Dome qui offre trois soins détox en un.
• L’appareil Aqua Derm + de Klapp Cosmetics pour une peau plus saine.
• LPG propose une cure détox de 14 jours avec le Thé Glacé Détox à base de plantes naturelles.
• Mesoestetic : Mesohyal Artichoke, des ampoules aux propriétés détox et drainantes. Efficace contre tous les types de cellulite et la rétention d’eau.
• Celestetic propose une gamme de compléments alimentaires qui agissent sur le métabolisme, le drainage et l’élimination des graisses.
• Nimue présente un nouveau peeling maison express à l’effet chauffant pour une exfoliation détoxifiante, le ThermoFlash Peel.
• Neova a recours à la L-ergothionéine, un antioxydant naturellement présent dans la peau et beaucoup plus puissant que la coenzyme Q10 ou l’idébénone, par exemple.
• L’Harmonizing Oil de Pharmos Natur contient des antioxydants naturels essentiels.
• L’Hydro Masque Exfoliant de Dermalogica.