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Zut, une tache !


Après l’été, bonjour les troubles pigmentaires. C’est leur saison préférée pour apparaître sans prévenir. Les UV en déclenchent chaque variante. La tache brune sur la tempe de la quinqua, la très redoutée moustache ‘café au lait’ des 25-35 ans, le chloasma de la future maman, le teint irrégulier post-bronzage dont les zones sombres durcissent les traits. « Vite, effacez-moi ça »…

par Catherine Malaise

En institut, le ‘service de détachage’ équivaut à une mission complexe, mais rentable : la plupart des femmes se disent gênées par les taches localisées qui vieillissent ou diffuses donnant l’impression d’une peau sale. Ne focalisez pas uniquement sur les taches : la perte d’éclat (dès la trentaine passée) et les ombres foncées sont aussi des préoccupations auxquelles vous pouvez répondre.

Tout s’explique (aux clientes) : la formation d’une irrégularité colorielle

Taches et irrégularités se composent de mélanine : le pigment brun-rouge à l’origine du bronzage, réaction d’autoprotection sous le soleil. Au signal de l’enzyme ‘tyrosinase’ alertée par une agression, les mélanocytes situés dans la couche basale de l’épiderme se mettent à produire de la mélanine. Des canaux la transportent plus haut, vers les kératinocytes. Le mécanisme aboutit au hâle … ou à un défaut pigmentaire, en cas de suractivité des mélanocytes. En cause : excès d’expositions solaires, influence des hormones féminines, inflammation de traumatismes cutanés non protégés du soleil. Les taches de vieillesse résultent, elles, d’accumulations de mélanocytes déboussolés par les désordres cellulaires de l’âge.

Haro sur les actifs-outils !

«Tout ce qui marche en anti-âge – et qui est scientifiquement prouvé – marche aussi sur taches : les AHA, la vitamine A, la vitamine C», résume Philippe Cats, cosmétologue indépendant pour Klapp. «J’estime que les AHA fonctionnent le mieux : ils font remonter progressivement le surplus de mélanine vers les couches supérieures de l’épiderme. Ils permettent d’être éliminé avec l’exfoliation des cellules mortes. La vitamine C, seule, ne suffit pas dans la plupart des cas. Elle peut traiter, néanmoins, des hyperpigmentions légères, même anciennes. Si vous voulez un résultat garanti, associez AHA, vitamines A et C ! L’amélioration sera considérable ! Mais n’oubliez pas le Rétinol : cette molécule, reconnue la plus puissante de l’anti-âge, devrait aussi être préconisée pour les problèmes de taches. Chez Klapp, son dosage est suffisamment doux afin que presque toutes les peaux puissent en profiter, sans temps d’adaptation». Les autres ‘détacheurs’- exfoliants et inhibiteurs de la tyrosinase se retrouvent dans les soins domiciles pour continuer l’éclaircie : extraits végétaux, Alpha Arbutine, algues brunes et rouges, etc.

Peelings cabine et soins domicile

L’indispensable synergie En cabine, les peelings doux et progressifs aux AHA (acides glycolique, salicylique, lactique) attaquent le problème (compter 3 à 10 séances). A vous de les moduler ! La gamme ‘ProPower Peel’ Dermalogica offre un maximum de flexibilité : l’Ultra-Bright Peel (30% acide salicylique) égalise et éclaircit le teint, l’AdvancedRenewal Peel (30% acide glycolique) réduit les dommages pigmentaires et le PowerClear Peel estompe l’hyperpigmentations des traumatismes cutanés (2% acide salicylique, 10% acide amydalique, 1 % acide malique). Chez Klapp, l’expertise peeling est aussi désormais ‘à la carte’: l’Asa Peel Face Treatment – iconique depuis plus de 30 ans pour sa maîtrise de l’éclat immédiat – peut se combiner avec le ‘spécial taches’ de la nouvelle gamme Acid Peel lancée début 2019. En entretien, une fois par mois (surtout après l’été), il est conseillé d’alterner le Soin Vitamine C et le Soin A Classic.

A domicile sérums et crèmes du soir prennent le relais : ‘panaché’ de sérums illuminateurs Doctor Babor Pro (AHA Peeling Overnight (pH4), C Vitamin C ou A Retinol Concentrates. Duo de sérums Maria Galland (D-521 concentré en Alpha Arbutine pour les taches localisées, D-520 à l’extrait de pois pour le teint irrégulier et le masque de grossesse. L’Alpha Arbutine est également présente à haute dose dans le programme Melanowhite Dr.med.Christine Schrammek. Pour agir énergiquement : le système de soins POWERBright TRxtm Dermalogica pimente un cocktail exfoliant et illuminateur d’une vigoureuse équipe de peptides bloqueurs de tyrosinase. Thalgo vient de compléter sa gamme Lumière Marine : sérum, correcteur local et eau de soin lissante. Algue rouge et duo végétal y agissent à tous les niveaux de la mélanogèse.

Si la cliente ‘bloque’ sur les AHA…

Interdits en été ? «Beaucoup de gens le pensent», confie Nadine Borrey, directrice scientifique Primmo BeautyServices (ARTDECO). «Malu Wiltz – notre seconde marque haut de gamme – n’en n’utilise pas. Pour réduire et prévenir les zones hyperpigmentées, elle les remplace par de puissants anti-oxydants et obtient d’aussi bons résultats en 3 mois ». En l’occurrence, extraits de cresson et soja du complexe ‘Delentigo’ qui possède un atout évident : il blanchit uniquement la tache, pas la zone autour ! L’astuce ? Des liposomes en affinité moindre avec les zones non pigmentées. « Si vous allez au soleil, l’effet éclaircissant sera plus fort sur les taches et il y aura moins d’écart dans les tons. La Brightening Moisture Caviar Cream Malu Wiltz est à la fois luxueuse et une crème de jour idéale en été et au printemps ». A condition de la napper d’une protection SPF 30 (ville) et SPF 50 (vacances)…

Le meilleur actif : la protection-prévention

« Le mot clé dès que l’on voit une tache ? Faire très attention avec le soleil… même si les clientes n’aiment pas entendre ça ! », s’exclame Pina Carragi, formatrice Dr.med.Christine Schrammek. « Traiter avec des actifs anti-taches une peau non protégée ne sert à rien ». Esther van Meer, International Technical Training Manager Maria Galland, surenchérit : « Un seul jour sans protection réduit à néant le travail de plusieurs semaines en cabine ». Radical, le cosmétologue Philippe Cats : « avec les connaissances que l’on a aujourd’hui, seuls les soins avec SPF 30 et SPF 50 mériteraient le titre de crème de jour ! Ne pensez pas uniquement ‘soleil’ mais aussi ‘lumière’ : les UVA -tortionnaires de la pigmentation – y sont présents à l’année, traversent fenêtres et nuages en toute saison. L’hiver, certaines formatrices admettent un SPF 20 pour les déplacements en ville… tout en recommandant un SPF 50 en cas de longue balade sous un ciel resplendissant.

Infra-rouges, lumière bleue, pollution

Ça tache aussi ! Des études le prouvent et c’est logique. Les rayons IR pénètrent loin dans la peau, la lumière bleue des écrans et les polluants induisent radicaux libres et stress oxydatifs. Les cellules se sentant agressées, leur système de protection passe en phase ‘alerte’ : la tyrosinase enclenche la production de mélanine. Comme quoi une tache est, en fait, un pansement ! Les nouveaux soins Cell Defense SPF 30 et 50 Maria Galland se renforcent de complexes anti-pollution et lumière bleue. Chez Mary Cohr, il existe un anti-âge global filtreur d’infra-rouges très efficace contre l’hyperpigmentation réactive. Pierre Lenoir, General Manager A.M’s Beauty Products : « la Crème de Vie Marine déploie un éventail d’algues rajeunissantes dont l’une cible les taches. Le tout, au cœur d’une fantastique texture à mémoire de forme ».

«Pfff, c’est compliqué de se protéger chaque jour…»

La cliente proteste : «à la plage, c’est facile. Mais l’été en ville, au bureau : comment gérer maquillage et protection? S’il faut remettre plusieurs fois de la crème solaire sur le fond de teint, on se retrouve avec un masque pas très frais ». City tips : vaporiser une brume protectrice invisible, remplacer le fond de teint par un compact solaire teinté SPF 50, utiliser des boucliers urbains ultra liquides comme les Cell Defense Maria Galland. Leur protection dure 8 heures : la durée d’une journée de bureau. Dermalogica a l’art d’alléger les superpositions : l’un de ses protecteurs vedette peut se mélanger au soin hydratant et un autre est si hydratant qu’il peut le remplacer. La formatrice Sothys Magali Holecz conseille son plan ‘protection d’été’ : « à 8 heures, c’est crème de jour, crème solaire et fond de teint. A midi, si on déjeune à une terrasse ensoleillée, se placer dos au soleil et s’éclipser pour dégainer une arme anti-taches : un petit tube très facile à glisser en poche, la Crème Fluide Sothys haute protection SPF 50. La finesse de sa texture ne dénature pas le maquillage, un peu de poudre pour matifier et c’est bon !».

Hyperpigmentation : domaine réservé des dermatos ?

Cela vaut-il la peine d’affronter leur concurrence dans un domaine aussi technique ? De s’équiper, et de se former à des traitements moins rapides qu’en cabinet médical ?

3 fois OUI !

1. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à préférer les méthodes douces. Les traitements cosmétiques prennent plus de temps (12 semaines minimum) mais harmonisent l’hyperpigmentation sans empêcher de vivre normalement. Les dermatologues ‘détachent’ vite à coups de lasers et peelings intensifs. Ce qui peut impliquer des suites douloureuses et de l’éviction sociale.

2. Les femmes ont envie de naturel. L’arsenal chimique des dermatos et médecins esthétiques risque de les faire hésiter. Et aussi, le souvenir des anciennes méthodes : l’agent blanchissant ‘hydroquinone’ faisait risquer une dépigmentation en ‘confetti’, l’azote brûlait les taches avec un résultat blanc lavabo à vie. Les marques ‘vertes’ d’institut, elles, rassurent !

Yon Ka : 95% d’ingrédients naturels ‘Essential White’. Son Peeling Lumière allie performance (30% d’acide glycolique, vitamine C Chronostable, algue brune) et apaisement (huiles essentielles de la Quintessence Yon Ka). Ce respect de la peau permet de renouveler la cure selon les besoins. La marque d’aromathérapie évoque des résultats cliniques remarquables en un mois ! Côté domicile, la routine quotidienne (gel peeling nettoyant + crème éclaircissante + correcteur ciblé) déploie exfoliants régulateurs de mélanine et anti-oxydants (extrait de pomme, vitamines A et E). Tests d’auto-évaluation après 56 jours d’utilisation : – 33% de la taille et du nombre de taches.

Pharmos Natur : 60-80% de jus bio d’aloe vera pur, 20-40% de plantes médicinales régénératives ! Elke Theves explique : « tous nos soins sont naturellement anti-taches grâce à l’aloe vera qui injecte en profondeur actifs réparateurs, minéraux, acides aminés, enzymes. Ses glyconutriments et muccopolysaccharides ont la capacité de réorganiser la mélanine au fur et à mesure. Produits domicile recommandés : Algae Peeling 1 à 2 fois par semaine, Vitamin-Serum, Regenerative Mask hydratant, huile pure Anti-Aging Avellana. «Une cliente fan de croisières a commencé à utiliser Pharmos Natur en continu à 41 ans. Ses taches revenaient toujours en été. Aujourd’hui, à 44 ans, elle n’en n’a plus, tout en s’exposant raisonnablement».

Dr.med.Christine Schrammek : en cabine, le ‘Green Peel Fresh Up’ champion de la bonne mine (mix de plantes et d’algues riche en minéraux, enzymes, vitamines) peut se transformer un soin anti-taches. « Il suffit d’y inclure le Mela White Serum du rituel domicile », précise Pina Carragi très enthousiaste aussi à propos d’un masque hydratant rafraîchissant (les peaux ‘tachées’ sont souvent déshydratées) et d’un soin effet patch pour les taches localisées (Mela White Duo Spot). Actifs clarté ? Vitamine C, Alpha Arbutine, extrait de réglisse, dérivé de résorcine, etc. La formatrice initie aussi les esthéticiennes aux peelings NIMUE à base d’AHA : « proposer les deux marques peut satisfaire des clientes à la recherche de changement dans leurs soins ».

3. Les femmes ont besoin de sensorialité. Pas question en cabinet médical ! En revanche, les anti-taches cosmétiques deviennent de plus en plus agréables. Voire ludiques, comme l‘Uni Skin Perles des Rêves Payot : des billes de crème de nuit que l’on brise dans la main pour obtenir la dose idéale d’un réveil lumineux (extrait de cresson, kiwi, vitamine B). Le temps des rébarbatives corvées ‘détachage’ est bien loin. La preuve avec l’arrivée en Belgique de RHEA : cette marque italienne traite (entre autres) l’hyperpigmentation en faisant entrer la cliente dans une dimension de régénération psycho-physique. En clair ? Son soin sera une expérience polysensorielle ultra personnalisée qui débute par… un massage dos-épaules-bras de 15 minutes ! Objectif : une détente profonde pour favoriser la réceptivité à des principes actifs pointus. L’esthéticienne peut composer le soin à partir de 11 ‘ProPhases’ ou protocoles. Séduisante, non classique, high tech’ : la neuro-cosmétique RHEA a été développée en partenariat avec les universités de Ferrare et Bologne, informe Pierre Lenoir (AM’s Beauty Products).

Anti-taches : O% frustration ‘anti-âge’

« Stop avec toutes vos crèmes ! », ordonne souvent le dermato consulté pour des troubles pigmentaires. Lui obéir, c’est se sentir démunie face aux rides, à la perte de fermeté. Les instituts marquent des points en n’imposant pas une telle frustration : leurs anti-taches s’enrichissent d’actifs anti-âge, raffermissants, hydratants (Malu Wilz, Dr.med. Christine Schrammek, Maria Galland, Doctor Babor Pro, Dermalogica, Thalgo). Chez RHEA, la cliente ajoute elle-même quelques gouttes d’une ‘B-Dose’ redensifiante à la crème ‘Lumiblanc’. Résultat : une surproduction de molécules actives 10 fois supérieure à une émulsion classique.

N’oubliez pas de rappeler à vos clientes que les molécules clés de l’exfoliation anti-taches – vitamine A + vitamine C – stimulent aussi la production de collagène et d’élastine qui lisse les rides et repulpe la peau !

Avant de passer à l’action… # Être honnête avec la cliente : on ne peut pas effacer totalement une tache en institut, mais l’estomper fortement. Mieux vaut la prévenir afin qu’elle ne soit pas déçue et reste une bonne cliente. # Se préparer à des résultats très variables selon les cas : la mélanine est une problématique compliquée et délicate. # Rester réaliste : une tache, éclaircie avec succès, peut toujours refoncer à cause de la mémoire cellulaire. La cellule se souvient d’avoir été agressée et garde le réflexe de surproduire de la mélanine pour se protéger. Ce qui arrivera si la cliente ne se protège plus et abandonne ses soins inhibiteurs. # Être diplomate : malgré les nombreux produits baptisés ‘white’, évitez le mot ‘blanchissant’ pour convaincre. Parlez plutôt ‘peau plus lumineuse, teint radieux’. Juste une ruse ? Non, l’éclat retrouvé met optiquement les taches en retrait. Les Belges aiment avoir bonne mine autant que les Asiatiques recherchent la blancheur… # Tester la motivation de la cliente : qu’est-elle prête à accepter ? Il n’y a pas de résultat possible sans sa totale coopération. Vous devez vous assurez de son assiduité, côté soins quotidiens et protection. # Se tenir à l’écoute : inutile d’inciter à un traitement si la cliente remarque à peine ses taches. Elles sont sa hantise ? Go !


Machines à détacher

Il n’y a pas que les lasers… Cécile Guislan (Luno 21 Equipment) explique le fonctionnement de la ‘Touch Skin 21’ sur les taches de vieillesse localisées (visage, mains, décolleté). « Cet appareil d’électrocoagulation peut les réduire de façon évidente, via un ‘flash’ qui élimine la couche cornée sans modifier son pH». Cibler les cornéocytes ? La mélanine loge bien plus bas ! «Les cellules sont programmées pour migrer de la couche basale vers la surface. En chemin, elles emportent au fur et à mesure (21 jours) les cellules tachées : celles-ci, devenues cornéocytes, sont balayées par l’exfoliation naturelle. Dans 95% des cas, on voit déjà une amélioration à la première séance. En général, il faut 2 à 5 séances toutes les 3 semaines. Une peau plus fine oblige à travailler moins fort, les résultats seront un peu moins rapides. Douloureux ? Ça picote et chauffe un peu : les clientes sensibles ont droit à un léger anesthésiant cutané. Pour apaiser : notre crème ultra régénérante ‘Primolatte’ à base de colostrum.

Véronique Graillot (New Esthetic) : nous avons 3 machines, 3 méthodes à utiliser seules ou en synergie. Pour traiter le masque de grossesse (après la naissance et la lactation), je conseille de combiner 3 séances de mésothérapie sans aiguilles (sérum Clear Skin : acide glycolique, potassium…) et de LED New Light qui régulent la mélanine. Idem, en 6 séances, pour l’ombre pigmentée façon ‘moustache’ des jeunes femmes. Pour les taches de vieillesse incrustées : photodépigmentation par lumière pulsée, via la seconde pièce à main de notre appareil d’épilation définitive, l’Epil Expert. Notre meilleure vente depuis un an ! 50 à 70% d’éclaircissement pour 3 à 5 séances selon les cas…

Photos : © Lado2016 – AdobeStock; © Valua Vitaly – AdobeStock ;


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