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Sérums intelligents


Les sérums ont le vent en poupe. Tatiana Vermeiren, formatrice Sothys pour la Flandre, Esther van Meer, International Technical Training Manager chez Maria Galland Paris, Karin Imschoot, responsable du showroom DLG Belgique à Temse et Ingrid Vander Zijpen, CEO d’Aesthetic Solutions répondent à nos questions et nous dévoilent les dernières tendances et les nouveaux ingrédients en matière de sérums boosters d’éclat.

Par Anja Van Der Borght

© Liudmila Dutko – AdobeStock

En quoi un sérum se distingue-t-il des crèmes ?

Esther van Meer : « Un sérum et la crème correspondante sont pensés pour former une synergie. Autrement dit, les cocktails d’actifs des deux produits sont complémentaires. Un sérum est toutefois plus concentré et a une texture liquide. Les deux produits agissent aussi séparément, mais ensemble, ils forment le combo parfait et se renforcent. 1+1 = 3, pour ainsi dire. »

Tatiana Vermeiren : « Les sérums ont été conçus pour agir en profondeur. Les ingrédients sont plus concentrés et peuvent donc pénétrer les couches profondes de la peau. Un sérum peut atteindre les cellules basales de la peau et donc agir au cœur du derme, tandis qu’une crème sert plutôt à protéger la peau et à retenir les nutriments dans l’épiderme. »

Pourquoi les sérums sont-ils importants ?

Tatiana Vermeiren : « Ils complètent nos soins quotidiens et permettent d’obtenir un résultat rapide et complet. Nous recommandons toujours d’utiliser un sérum en association avec une crème, car un sérum seul n’apporte pas la protection dont la peau a besoin. Un sérum est plutôt un complément destiné à améliorer le résultat. »

Esther van Meer : « Un sérum soutient et renforce l’action d’une crème grâce à sa concentration plus élevée. »

Karin Imschoot : « Les sérums sont les boosters des crèmes de jour et de nuit. Ils renforcent la synergie des actifs pour optimiser les résultats. Les sérums contiennent des ingrédients puissants et des concentrations très élevées de principes actifs qui pénètrent la peau plus en profondeur. Un sérum est un petit coup de pouce pour atteindre votre objectif. »

Comment avez-vous vu évoluer les sérums au cours des dernières années ?

Esther van Meer : « Chez Maria Galland Paris, nous constatons depuis quelques années que l’utilisation des sérums fait de plus en plus partie intégrante du rituel de beauté de nos clientes. Auparavant, un sérum s’appliquait bien souvent en cure. De nos jours, les femmes en appliquent quotidiennement sous leur crème de jour et de nuit. »

Tatiana Vermeiren : « Les consommatrices actuelles se soucient davantage de leur peau et de ses besoins et veulent y répondre avec un soin global. C’est pourquoi, ces dernières années, les esthéticiennes se sont davantage consacrées à l’embellissement de la peau et les sérums ont gagné en notoriété. Les sérums jouent un rôle important dans l’embellissement cutané, car ils stimulent la peau de l’intérieur. En outre, la texture des sérums de Sothys a été revue et corrigée pour chaque fois donner à la peau une impulsion différente. Notre sérum ‘fermeté’ a une texture gel qui a un effet tenseur, tandis que le sérum ‘reconstituant’ contient des lipides qui rendent sa texture plus riche et repulpante. La cliente peut donc clairement faire la différence entre les sérums et sera plus à même de les alterner et de les combiner selon les besoins ponctuels de sa peau. »

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Quels sont les chiffres relatifs au marché des sérums ?

Tatiana Vermeiren : « Chez Sothys en Belgique et au Luxembourg, les sérums représentent environ dix pour cent du chiffre d’affaires. En 2020, nous avons constaté une augmentation de cette part de marché à la suite des événements et des lancements promotionnels des derniers mois. »

Esther van Meer : « Les sérums hydratants se vendent très bien pendant les mois d’été, car leur texture légère leur permet d’être combinés avec des produits de protection solaire. Pendant les mois d’hiver plus froids et la saison de ski, nous constatons une nette augmentation des ventes de sérums nourrissants à base d’huile. Ces émulsions dites ‘eau-en-huile’ (E/H), dont la phase aqueuse est distribuée sous forme de gouttelettes dans la phase huileuse, ont un aspect plus gras, ce qui est plus agréable pour une peau exposée au froid des stations de ski. Cependant, la plupart des crèmes et sérums sont des émulsions de type ‘huile-en-eau (H/E)’ : la phase huileuse est distribuée sous forme de gouttelettes dans la phase aqueuse. Ces crèmes/sérums sont beaucoup moins grasses au toucher et plus agréables en été grâce à leur texture plus fine, mais moins adaptées en hiver en raison de leur base aqueuse. »

Quelle est, selon vous, la grande tendance en matière de sérums ?

Tatiana Vermeiren : « Les sérums sublimateurs sont la dernière tendance. À l’instar du concept de ’mix and match’, soit la combinaison de différents sérums. La cliente applique d’abord le sérum le plus fin, puis un autre, pour se concentrer sur deux problèmes ou désagréments et atteindre deux objectifs en même temps. Une autre possibilité est de combiner un sérum pour le visage et un sérum pour le cou, pour une action ciblée. »

Esther van Meer : « Nous constatons que les crèmes et les sérums sont de plus en plus souvent associés à des boosters. Un sérum répond à un besoin récurrent de la peau tandis que les boosters sont la façon la plus moderne de répondre instantanément à un besoin temporaire davantage lié au mode de vie. Une quinqua active qui passe beaucoup de temps au bureau utilisera par exemple un booster à base d’or 24 carats, de taurine et de peptides pour redonner de l’éclat à sa peau terne – causée par les nombreuses heures passées à l’intérieur – et l’associera à un sérum et à une crème anti-âge. Une personne qui va souvent à la piscine, et donc régulièrement exposée au chlore, devra se concentrer sur l’hydratation. Un booster peut être utilisé en solo, tandis qu’un sérum forme toujours un duo avec la crème correspondante. »

Ingrid Vander Zijpen : « Les nouvelles technologies exclusives qui non seulement soutiennent vraiment la peau, mais qui améliorent surtout fortement son état en utilisant de très petites molécules sont très populaires. »

Les sérums conviennent-ils aussi aux peaux jeunes ? Si oui, à partir de quel âge ?

Tatiana Vermeiren : « Jusqu’à l’âge de 25 ans, notre peau sécrète du collagène et de l’élastine en continu. Passé cet âge, l’activité cellulaire ralentit et notre peau commence à vieillir. Sothys propose des sérums pour tous les problèmes de peau et pour tous les âges. Certains jeunes de moins de 25 ans auraient déjà intérêt à appliquer un sérum hydratant. Ainsi, sous la devise « commencer maintenant, pour en profiter plus tard », vous pourrez déjà adopter une bonne habitude et évoluer en fonction des besoins de votre peau. »

Esther van Meer : « Ne pas recommander de sérum aux peaux jeunes est une occasion manquée pour l’esthéticienne. Dites à vos clientes qu’il n’y a pas d’âge pour en appliquer.
Notre rituel de beauté idéal pour la maison comprend – après le nettoyage – trois étapes :
Étape 1 : booster (s’atteler à un problème temporaire et lié au mode de vie) ;
Étape 2 : soigner (avec un sérum et une crème) ;
Étape 3 : protéger des agressions extérieures (avec un FPS 30 ou 50+).
Les jeunes – je parle des personnes d’une vingtaine d’années – peuvent par exemple utiliser un sérum hydratant pour commencer. Après tout, l’hydratation est le premier pas vers une belle peau, à tout âge. Plus tôt on commence à appliquer un bon soin de la peau, plus on profite des résultats plus tard. Mieux vaut prévenir que guérir. »

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Y a-t-il de nouveaux ingrédients/techniques révolutionnaires ? Si oui, lesquel(le)s ?

Tatiana Vermeiren : « Nous disposons de six sérums issus de la recherche avancée basée sur les techniques dermocosmétiques. Pour le Sérum Unifiant, par exemple, qui cible le grain de peau grossier ou les taches pigmentaires, nous nous sommes basés sur l’action de la thérapie laser et LED, qui affine la structure cutanée pour rajeunir la peau et améliorer sa structure. Ce sérum inspiré des soins laser agit en profondeur, notamment grâce à des principes actifs clarifiants comme le resvératrol. Le principe perfecteur à base de peptides, d’exopolysaccharides marins et du système Pore Refiner s’inspire de la thérapie LED, qui lisse les rides et restaure la qualité de l’épiderme et du microbiome. Le système Pore Refiner resserre les pores. »

Ingrid Vander Zijpen : « La Mesoestetic HA Densimatrix contient de l’acide hyaluronique dans différents ordres de grandeur de méga et kilodaltons, ce qui permet à ces molécules de se positionner dans presque toutes les couches de la peau. Il en résulte une pénétration bien meilleure et plus profonde. De plus, lorsque la peau est intensément hydratée, son état peut être amélioré beaucoup plus efficacement grâce à d’autres ingrédients actifs qui sont appliqués par la suite. Le Mesoestetic AOX Ferulic contient quant à lui une très forte dose (15 %) de vitamine C stable ainsi que 0,5 % d’acide férulique et 1,5 % de complexe de cellules protech. Cette nouvelle combinaison d’ingrédients de haute qualité fait en sorte que la résistance réduite de la peau est immédiatement augmentée et que la synthèse de collagène est multipliée par six. »

Existe-t-il de nouveaux accessoires utiles à l’esthéticienne dans le domaine des sérums ?

Tatiana Vermeiren : « Les accessoires n’apportent pas nécessairement de valeur ajoutée. Les mouvements que vous effectuez lorsque vous appliquez un sérum, en revanche, si. Un sérum s’applique toujours de l’intérieur vers l’extérieur et à l’aide de mouvements ascendants pour lifter l’ovale du visage.
Il est important que l’esthéticienne manipule la peau correctement. Si vous effectuez toujours des massages vers le bas, la structure de la peau se relâchera. »

Esther van Meer : « Madame Galland disait toujours : les esthéticiennes ont de l’or dans les mains. Nous en sommes convaincus, c’est pourquoi nos techniques de massage sont 100 % manuelles et non invasives. En effet, les mains de l’esthéticienne ressentent les tensions et les imperfections de la peau, ainsi que sa température. L’esthéticienne peut facilement sentir quand il faut ajuster la pression et est plus à même d’adapter et de cibler l’intensité du massage. Les mains sont chaudes et bienfaisantes. Ce sont plus que des accessoires : les mains procurent une sensation de bien-être. »

Ingrid Vander Zijpen : « Les embouts des ampoules Mesoestetic avec leur petit pied sont si pratiques que vous pouvez les emporter partout – même en avion – pour garder votre peau bien hydratée ou nourrie, ou simplement pour les utiliser quelques jours d’affilée. Ils sont également stériles. »

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De nombreuses clientes choisissent le mauvais sérum ou l’appliquent mal. Comment l’expliquez-vous ?

Tatiana Vermeiren : « Choisir le bon sérum est essentiel. Un diagnostic par un professionnel est donc nécessaire. Appliquez votre sérum une ou deux fois par jour selon vos besoins ; sous votre crème de jour et/ou de nuit. »

Esther van Meer : « Les clientes qui appliquent mal leur sérum sont mal informées. Avec des produits intensifs comme les sérums, il est important de bien les conseiller. Une mission essentielle pour l’esthéticienne ! En leur expliquant de manière professionnelle comment, mais aussi pourquoi utiliser un sérum, vous ferez la différence avec d’autres canaux de distribution du secteur de la beauté comme les parfumeries et l’Internet. Un sérum s’applique toujours avant la crème hydratante ! »

Pourquoi un sérum pour le contour des yeux ne doit-il pas s’appliquer trop près du bord de l’œil et comment savoir où s’arrêter ?

Tatiana Vermeiren : « Un sérum pour le visage ne s’applique pas sur le contour des yeux, car la peau y est trop fine. Le point de repère où s’arrêter est la pommette. Pour les yeux, il existe une gamme de soins spécifique. Les nouveaux produits pour le contour des yeux de Sothys – testés et approuvés sous contrôle ophtalmique – peuvent même s’appliquer sur la paupière mobile. »

Esther van Meer : « La peau du contour des yeux est très fine et sensible et son pH est légèrement différent du reste du visage en raison de l’absence de glandes sébacées. Un soin yeux s’applique délicatement du bout des doigts au bord de l’orbite. Les clignements et les mouvements inconscients du globe oculaire pendant la nuit étaleront le sérum vers le ras des cils. Si vous l’appliquez trop près, vous risquerez d’en avoir dans l’œil sans le vouloir. Qui plus est, cela ne sert à rien : un soin yeux est conçu pour s’appliquer sur le contour des yeux, et non dans l’œil. Bien sûr, vous pouvez l’appliquer sur les ridules d’expression en procédant vers l’extérieur de l’œil, jamais vers l’intérieur. »

Avez-vous remarqué un comportement d’achat différent chez le consommateur final ces dernières années ?

Tatiana Vermeiren : « Nous avons remarqué qu’à partir de 30 ans, les consommatrices achètent plus de sérums. »

Karin Imschoot : « Tout à fait. Lorsque nous traitons la peau des clientes avec un sérum lors d’un soin en institut, celles-ci sont généralement vite convaincues et les ventes suivent. La fréquence des ventes augmente. Les clientes expérimentent de plus en plus les bienfaits des sérums. » Conclusion : c’est un marché incontournable pour l’esthéticienne !