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Le bon diagnostic cutané

L’achat d’un appareil de diagnostic cutané est un gros investissement pour l’institut. Quelles possibilités un dispositif de ce type offre-t-il et quelle est sa valeur ajoutée pour un institut ?

Par Sylvia Silvester

L’invisible révélé

Autrefois, l’esthéticienne ne pouvait se fier qu’à son expérience et à son savoir-faire pour analyser la peau de ses clients. Elle effectuait un ‘diagnostic’ en regardant et en palpant la peau, en scrutant la présence de rides et leur profondeur, en jaugeant l’ampleur de la pigmentation, le degré de dilatation des pores, en analysant les glandes sébacées obstruées, l’acné, les rides de sécheresse et d’expression, le manque de soin ou l’utilisation de mauvais produits… Tantôt elle avait recours à une lampe grossissante, tantôt l’analyse se pratiquait à l’œil nu. Aujourd’hui, l’esthéticienne peut compter sur des appareils spécialisés qui effectuent une analyse approfondie et révèlent les problèmes cutanés invisibles à l’œil nu. Toutes les esthéticiennes s’accordent pour dire qu’un tel appareil constitue une importante valeur ajoutée qui vaut bien l’investissement.

La technologie en cinquième vitesse

Les instituts de beauté accueillent le progrès technologique à bras ouverts. Les nouveaux appareils de diagnostic cutané ne font que confirmer cette tendance. Ils ne sont pourtant pas neufs. Il y a vingt ans, la marque japonaise Shiseido lançait son premier appareil de diagnostic cutané installé dans une parfumerie. Aujourd’hui, on peut se soumettre à un diagnostic cutané simple dans de nombreuses parfumeries, depuis que d’autres marques proposent également ces dispositifs. Les dermatologues sont toujours plus nombreux à s’équiper d’appareils cutanés spécialisés. Beaucoup de modèles vendus de nos jours en institut sont d’ailleurs issus de modèles utilisés par ces spécialistes. Sur ce marché en plein essor, il convient de distinguer les différents modèles et les possibilités qu’ils offrent (ou pas). L’esthéticienne peut déjà ‘profiler’ une peau sur la base de son phototype, des soins qui lui sont prodigués, etc. L’appareil de diagnostic, lui, établit un rapport détaillé assorti de photos qui dévoilent, sans ambiguïté, les problèmes cutanés qui ne se manifestent pas encore en surface mais qui sont déjà bien présents dans les couches profondes de la peau. Pas de panique. L’appareil ne remplacera pas le travail de l’esthéticienne. L’interprétation et l’explication du diagnostic cutané seront toujours de votre ressort. Forte du savoir-faire que vous avez acquis en institut ou en salon, vous interpréterez correctement l’analyse, vous établirez un programme de soins parfaitement adapté au client, vous recommanderez les bons produits ou soins, puis vous mettrez ce programme en œuvre en concertation avec le client. Le diagnostic s’inscrit dans l’approche personnalisée offerte au client. Elle fait partie intégrante de la communication. Parfois, les clients abordent le diagnostic sous un angle négatif. C’est à vous de mettre en lumière les aspects positifs. À la vue du verdict, une cliente qui fume depuis 50 ans, qui consomme de l’alcool tous les jours, qui s’est beaucoup exposée au soleil année après année et qui ne fait pas trop attention à son alimentation se rendra sans doute compte que sa peau paraît plus vieille que son âge réel. 

Que mesurer ?

Sur le marché des appareils de diagnostic cutané, ce n’est pas le choix qui manque : du modèle à bon prix équipé de plusieurs fonctionnalités de base à la « Rolls-Royce » très onéreuse aux options ultramodernes. Certaines marques (Babor, Maria Galland, New Esthetic, Jovilux, …) proposent leurs propres appareils qu’elles ont parfois fait développer spécialement pour leur marque. Il en existe plein d’autres qui ne sont pas liés à une marque de cosmétiques (Lamano, Sqinno, etc.). Conseil : demandez-vous d’abord jusqu’où vous voulez pousser le diagnostic cutané. Voici quelques-unes des fonctions possibles : pores obstrués et dilatés, température, microcirculation, taux d’hydratation cutanée, taux de sébum, acidité, élasticité, rides (rides d’expression ou rides profondes de l’âge), épaisseur de la couche cornée, dégâts dus au soleil (élastose avec dommages importants aux fibres d’élastine et de collagène, par exemple), troubles de la pigmentation (des taches de rousseur aux larges taches pigmentaires), rougeurs, anciennes cicatrices, flore cutanée, etc. Le type d’institut a son importance dans ce contexte. Un appareil de diagnostic cutané sera moins indiqué si vous êtes plus spécialisée dans le stylisme d’ongles, le microblading ou sourcils au henné, etc. Par contre, ce sera le must absolu si votre institut se concentre sur l’anti-âge, l’embellissement cutané, etc. Christine, esthéticienne avec plus de 20 ans d’expérience : « L’utilisation de l’appareil est un bon point de départ pour les nouveaux clients. Un diagnostic est un bilan convaincant et scientifique, étayé de photographies. Le ou la cliente peut ainsi suivre objectivement l’évolution de sa peau après plusieurs soins. L’esthéticienne est tout à fait libre de facturer ou non ce diagnostic. Elle peut tout aussi bien proposer le diagnostic gratuitement à l’achat d’une cure ou en cadeau de bienvenue à une nouvelle cliente ou lors de journées portes ouvertes. »

Lightskin™ de Lamano

Lightskin™ de Lamano est un appareil rapide et efficace qui établit un diagnostic cutané en vingt secondes chrono. Il a recours à trois types de lumière : RVB, UV et lumière polarisée. Le Lightskin™ dispose d’un écran LED haute résolution de 10 pouces intégré et d’une tablette avec fonction Wi-Fi. Elle pivote à 180° pour s’installer dans toutes les positions et présenter facilement les résultats aux clients. Les données personnelles sont enregistrées, ce qui permet de suivre clairement l’évolution des différents soins à chaque visite. C’est intéressant à l’heure de tisser un lien avec le client. Lightskin™ de Lamano n’est pas inféodé à une seule marque de cosmétiques. Il est compatible avec toutes marques. Vous pouvez enregistrer tous les produits de votre marque dans la base de données centralisée, ainsi que leurs propriétés spécifiques et un visuel. À l’issue de chaque diagnostic, l’appareil vous présentera les produits les plus appropriés de votre gamme.

MoreMe DBQ3-3 de Den Esthetics

MoreMe DBQ3-3 Smart Analyzer est un appareil à vocation médicale qui met en œuvre une phototechnologie et de fluorescence cutanée brevetée. Il révèle les problèmes de peau au niveau des trois couches cutanées, difficiles à identifier à l’œil nu. Ce détecteur est basé sur la technologie de l’informatique dématérialisée (cloud) et repère les problèmes de peau les plus courants : hydratation cutanée, type de tache, adipocytes, épaisseur de l’épiderme, phototype, caractéristiques du visage, rides, pores, acné, vieillissement cutané (dû au photovieillissement), capillaires, rosacée. En outre, cet appareil simule l’évolution future de la peau. Une consultation pour les problèmes de peau est possible à distance. L’appareil est équipé de cinq photomodes différents et 10 réglages de diagnostic cutané.

Compact et pratique

Els de l’institut Elle à Emblem (Flandre) travaille avec un appareil de photodiagnostic mobile aussi pratique que léger, le Derma Visualizer, un appareil mis à sa disposition par ‘sa’ marque, Babor. Els : « Je suis spécialisée dans l’anti-âge et les soins de la peau. Je travaille avec cet appareil depuis trois ans et j’en suis très satisfaite. On n’est pas obligé de faire l’acquisition de l’appareil. Il apporte néanmoins une vraie valeur ajoutée, car la cliente peut visualiser tous les détails à l’écran : on peut mesurer les pores dilatés et les taches pigmentaires, déterminer le taux d’adiposité, On peut aussi évaluer le degré de desquamation. Il suffit d’apposer un petit autocollant sur l’appareil photo. On peut alors corriger le problème avec des acides de fruits. L’appareil prend plusieurs photos pendant la procédure. La peau du client doit être ultrapropre, car le maquillage et la poudre peuvent influencer les résultats. Idéalement, il faut avoir bien démaquillé la peau deux heures avant le diagnostic. L’appareil affiche la photo à l’écran de l’ordinateur portable ou du PC avant d’établir son diagnostic. La cliente peut alors voir les formules adaptées à son âge. Les taches et la pigmentation sous-jacentes deviennent également visibles. On peut y remédier avant que les problèmes ne se manifestent en surface, par exemple par dermabrasion, par des acides de fruits, par un peeling chimique. Le problème étant visible à l’écran, il devient aussi plus tangible pour le client. Une autre fonction que je trouve intéressante consiste à rendre visible la rosacée due à l’âge et la couperose, en montrant une photo des veinules. L’appareil ne conseille pas de produits. L’esthéticienne conserve sa liberté. Cela me convient. Je garde le contrôle et je peux recommander trois produits différents contenant les principes actifs adaptés à la cliente. Je commence toujours par une photo des pores pour que la cliente se rende compte du pourcentage de grossissement. Sinon, le résultat qui s’affiche à l’écran est trop saisissant. Le diagnostic est rapide : le résultat s’affiche en 20 secondes. Les données sont enregistrées pour montrer à la cliente l’effet des produits utilisés. »

Aspects à prendre en compte

L’achat d’un appareil de diagnostic cutané de pointe (lumière polarisée, UV, etc.) peut grever lourdement le budget. Avant d’explorer le marché de ces appareils, il est donc utile de se poser quelques questions. Quelles sont vos attentes vis-à-vis d’un tel appareil ? À quoi voulez-vous l’utiliser ? Combien cela peut-il vous rapporter ? Vérifiez également si le fournisseur envisagé propose une formation de manière à ce que vous maîtrisiez bien l’appareil. Autre point important : l’appareil peut-il être pris gratuitement à l’essai ? Y a-t-il un helpdesk à qui s’adresser en cas de questions et l’assistance technique en cas de panne est-elle prévue ? Pouvez-vous obtenir un appareil de remplacement ? Comment se présentent les conditions de la garantie ?

Quelques exemples d’appareils de diagnostic :

  • MoreMe DBQ3-3 de Den Esthetics
  • Lightskin™ de Lamano
  • Le diagnostic beauté à 360° de Maria Galland associe une analyse de l’équilibre de la peau avec une analyse de l’équilibre de vie.
  • Derma Visualizer de Babor
  • New Esthetic et son Skinner, un appareil de diagnostic cutané en 3D 
  • Jovilux Skin Analyser

Crédits photos : © Subbotina / © puhhha / © Tijana / © len4foto / © Viacheslav Iakobchuk – AdobeStock

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