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La beauté sous toutes ses facettes


Compléments alimentaires beauté, produits diététiques protéinés, thé détox ou café amincissant ? L’époque où l’esthéticienne ne misait que sur les soins du visage et les épilations est depuis longtemps révolue. Aujourd’hui, la bonne idée est d’aussi proposer à votre clientèle des solutions qui embellissent la peau de l’intérieur. Nous avons interrogé Denise Ramaekers du célèbre institut Mar Le Beau à Hasselt, forte de nombreuses années d’expérience, à propos des choses à faire et à ne pas faire. Nous avons également demandé l’avis d’une nouvelle venue dans le secteur, Julie Marchal d’Edena Esthétique à Trois-Ponts.

Par Anja Van Der Borght

Il y a plus de 30 ans – 32 pour être précise – le salon de beauté Mar Le Beau ouvrait ses portes sur la petite ceinture hasseltoise. En raison de son grand succès, la fondatrice Denise, son équipe et son mari Jean-Pierre déménageront quelques années plus tard dans une étude de notaire sur la Bampslaan, un bâtiment prestigieux où l’institut est toujours installé aujourd’hui. En réponse aux tendances et à la demande des consommateurs, Mar Le Beau a évolué au fil des ans. D’un institut de beauté et centre de bien-être, il deviendra centre de peeling, institut de la peau et aujourd’hui institut cosméceutique.

Vous avez débuté votre carrière d’esthéticienne il y a plus de 30 ans avec une spécialisation dans la pose de maquillage permanent par micropigmentation. Mais quand avez-vous commencé à vendre des produits qui rendent belles de l’intérieur ?

D.R. : « Dans le monde de la beauté, tout évolue très vite. L’époque où un soin esthétique misait essentiellement sur le nettoyage de la peau à l’aide d’un Vapozone et sur l’hydratation est depuis longtemps révolue. À tel point qu’il est difficile d’imaginer que le Vapozone existe encore aujourd’hui. Auparavant, on se concentrait sur le nettoyage, l’exfoliation, le massage, le masque et le tour était joué. Aujourd’hui, la carte des soins de l’esthéticienne est beaucoup plus complète et les soins se combinent en fonction des besoins de la peau. Il y a cinq ans, nous avons ajouté des compléments alimentaires à notre assortiment. Ceux-ci s’intègrent parfaitement dans cette stratégie de personnalisation. Aujourd’hui, on se rend compte, de plus en plus, que la simple application d’une crème sur la peau ne suffit plus. Si l’aspect de notre peau est déterminé à 20 % par la génétique, le reste est influencé par les crèmes, les soins, mais aussi l’hygiène corporelle, le mode de vie et l’alimentation. Un exemple concret : si vous avez une carence en vitamine A, un produit à base d’acide hyaluronique que vous appliquez sur votre peau ne pourra pas rétablir votre niveau d’hydratation. L’acide hyaluronique a besoin de vitamine A pour exercer son action. »

Les compléments alimentaires se déclinent sous toutes les formes, tailles et contenances…

D.R. : « Nous mettons l’accent sur les compléments alimentaires pour la peau. On en trouve de toutes les sortes de nos jours. Il est important que l’esthéticienne trouve le bon produit dans le vaste assortiment disponible. Mon conseil à cet égard : faites attention aux formules bon marché, parce que si c’est bon marché, c’est qu’il y a une raison. Je veux dire par là que vous pouvez très bien trouver des compléments alimentaires peu coûteux en pharmacie, au supermarché ou en ligne, mais ils ne sont généralement pas de grande qualité. C’est à nous, professionnels, d’apporter une valeur ajoutée au consommateur et de dénicher des produits sûrs aux résultats scientifiquement éprouvés. En d’autres termes, outre l’efficacité, la composition du produit est aussi importante, car après tout, il s’agit de compléments alimentaires, qui se retrouvent dans la circulation sanguine. »

Où trouver ces produits ?

D.R. : « La quête des produits parfaits est longue, mais l’histoire s’écrit d’elle-même. Une fois qu’on acquiert de l’expérience en matière de soins cutanés ou anti-âge, on porte un regard différent sur tout. On va à des salons, on lit d’autres magazines comme Esthé ou Pro Esthetic. On ne prend plus pour acquis tout ce que les fabricants ou les représentants nous racontent. Une esthéticienne qui veut se démarquer des autres exerce son sens critique. Les fabricants ont beaucoup de documentation à disposition. Ils donnent généralement de très bonnes explications et la composition des produits et les conseils d’utilisation figurent généralement sur l’emballage, mais l’esthéticienne ne doit pas hésiter à demander des informations complémentaires ou des études médicales. Ce n’est que de cette manière que vous deviendrez pionnière et que vous garantirez des résultats concrets à votre clientèle. Tout évolue si vite qu’il faut constamment se mettre à la page, suivre des formations, etc. On se pose en permanence des questions. On s’interroge sur les allégations des produits. Prenons l’exemple des boissons au collagène. On dit qu’elles stimulent la synthèse du collagène cutané, mais en fin de compte, ces protéines seules n’ont aucun impact sur la peau. Exercez votre sens critique. »

Au vu de votre grande expérience, avez-vous des recommandations à faire aux esthéticiennes qui débutent en matière de salons spécialisés à visiter absolument ?

D.R. : « Si vous vous rendez à des salons comme l’IMCAS World Congress à Paris ou le MCA Live à Monaco, vous devez avoir des connaissances préalables, au risque de vous demander ce que vous faites là une fois sur place. Le congrès annuel Huyd à Utrecht, où des spécialistes donnent des formations particulièrement intéressantes, est aussi incontournable. Là-bas, des spécialistes vous donneront par exemple des explications scientifiquement fondées sur le needling : pourquoi le pratiquer, quelles sont les différentes manières de l’appliquer, comment ça marche, etc. Comme tout spécialiste dans son domaine, l’esthéticienne doit constamment essayer d’élargir ses connaissances. »

Mis à part dans les salons, où les esthéticiennes peuvent-elles s’informer et quelles publications lisez-vous ?

D.R. : « Je fais beaucoup de recherches. Si je reçois un produit en provenance d’Amérique, par exemple, je vais sur Internet pour consulter les avis sur ce produit. C’est ainsi qu’on tombe sur des produits, des ingrédients, des techniques ou des effets dont on n’avait pas encore connaissance. Récemment, j’ai découvert l’acide tranexamique, un nouvel ingrédient qui atténue la desquamation de la peau lors de peelings. En choisissant une marque ou un fabricant qui vend des produits de pointe de ce type, on sait qu’on travaille avec des personnes qui évoluent avec leur temps et qui pourront nous guider dans l’évolution de ces produits. Il est aussi important que l’esthéticienne et son équipe suivent une formation continue. Vu la complexité de certains appareils ou produits et les effets secondaires potentiels, les esthéticiennes de nos jours doivent se renseigner beaucoup plus que par le passé. Aujourd’hui, l’esthéticienne a évolué vers le paramédical. Elle doit savoir ce qu’elle fait et doit connaître le fonctionnement de la peau. À cet égard, je ne peux que saluer des initiatives comme celle de Diane Thijs à Hasselt. Son concept d’embellissement cutané professionnel s’inspire de celui des dermathérapeutes désormais célèbres aux Pays-Bas. Sans quasiment aucun prérequis, vous pouvez suivre une formation chez Diane Thijs et ainsi évoluer vers le métier de dermathérapeute. Vous apprendrez non seulement à reconnaître les types de taches sur la peau, mais aussi à quel moment précis orienter un client qui présente une tache ou une anomalie vers le dermatologue. Diane Thijs épaule et conseille ses élèves d’une manière très personnelle. Elle a elle-même débuté sa carrière comme esthéticienne avant de devenir dermathérapeute. Elle comprend donc très bien les problématiques du secteur. »

Pendant quelque temps, vous avez vendu des produits minceur. Pourquoi avez-vous arrêté ?

D.R. : « C’est vrai que nous avons vendu des produits amincissants pendant dix ans, mais nous ne le faisons plus aujourd’hui. Nous voulons faire preuve de professionnalisme dans tout ce que nous proposons à nos clients. Si vous voulez vous aussi être professionnel dans le domaine des produits amincissants, alors vous devriez travailler avec un spécialiste en la matière, qui donne des conseils nutritionnels et qui, par exemple, reçoit les clients concernés deux fois par mois dans votre institut. Notre aventure avec les produits amincissants a commencé au moment où les régimes protéinés avaient la cote. Aujourd’hui, nous sommes davantage sensibilisés à notre alimentation et on se rend compte qu’un régime protéiné est comme un plâtre sur une jambe de bois. C’est un régime miracle pour ceux qui veulent perdre du poids facilement, par exemple pour une occasion spéciale comme un mariage, mais les personnes qui reprennent leurs habitudes alimentaires par après reprennent rapidement les kilos perdus, voire plus. Aujourd’hui, les gens ont conscience qu’ils peuvent encore consommer un ou deux produits protéinés par jour, mais qu’ils doivent les combiner avec une alimentation saine et équilibrée, riche en légumes. Nous avons embauché une kinésithérapeute qui dispensera nos soins corporels, car je crois qu’elle a beaucoup plus de connaissances dans ce domaine que nous, esthéticiennes, n’aurons jamais. Ma passion, c’est la peau et à l’institut, nous sommes des thérapeutes de la peau. On se spécialise dans les soins du visage et on souhaite en faire notre cœur de métier. J’ai longtemps cherché la spécialiste parfaite pour prendre en charge nos soins du corps. Avec la kinésithérapeute, nous pouvons désormais proposer des massages du tissu conjonctif beaucoup plus ciblés, mais aussi plus axés sur le drainage lymphatique, le traitement de la cellulite, la cryothérapie, les soins d’amélioration des fonctions musculaires… et ce sera une grande valeur ajoutée. En matière de compléments alimentaires, il est également important de choisir des formules qui correspondent au cœur de métier de votre salon de beauté. Peut-être devrions-nous engager une nutritionniste à l’avenir, après tout. Cela compléterait le tableau. »

Pendant tout un temps, vous avez aussi vendu une sorte de café amincissant à base de champignons

D.R. : « Nous avons arrêté de le vendre. Ce café était très savoureux et les clients l’aimaient beaucoup, mais nous avons constaté qu’il contenait tellement de sucre qu’il n’était pas vraiment sain. Alors qu’il était censé contribuer à la perte de poids, tel que le prétendait le fabricant. Si ce n’est pas sain, je ne peux pas le vendre à ma clientèle. En revanche, nous vendons depuis trois ans du thé et des bloqueurs de graisse de la célèbre société LPG. Le thé, vert, a un effet détoxifiant. Nos clientes sont très satisfaites de ces deux produits, qui n’ont aucun effet secondaire. C’est très important. Tout ce que je propose dans mon institut, je l’essaie d’abord moi-même. Il y a quelque temps, on m’a envoyé un complément minceur 100 % homéopathique censé faire perdre un demi-kilo à un kilo par semaine sans aucun effet secondaire. Je l’ai essayé et j’ai eu des crampes et la diarrhée. Même quand j’ai diminué la dose, les choses ne se sont pas améliorées. Pour moi, l’affaire était close. Je ne vais certainement pas proposer ce type de produit à ma clientèle. Même si je suis la seule à y réagir en raison d’une intolérance à un composant, je ne vais pas prendre le risque. Je ne peux pas et je ne veux pas faire ça à mes clientes. Pour nos compléments alimentaires pour la peau, nous travaillons avec l’Environ Advanced Nutrition Programme (ANP), qui garantit des résultats incroyables. Aux personnes qui ont la peau hypersensible, sujette aux rougeurs ou à l’acné, nous proposons tout d’abord une cure de compléments ANP – très naturels. Après deux à trois semaines, on constate un embellissement de la peau. À partir de là, nous poursuivons le traitement. »

La clientèle est-elle demandeuse de compléments alimentaires ou votre salon de beauté les propose-t-il en cure ?

D.R. : « Pour chacune de nos clientes qui viennent pour un embellissement de la peau ou un soin anti-âge, nous commençons par effectuer un diagnostic cutané. Sur la base de celui-ci, nous examinons les mesures à prendre pour améliorer l’état de la peau. Si la peau est sensible et sèche, ou si elle présente de nombreuses carences, nous commençons d’abord par une cure de compléments. Un ou deux mois plus tard, nous examinons l’état de la peau et on entame un traitement cutané adapté. Nos clients qui ont recours aux compléments alimentaires pour la peau ressentent et constatent une amélioration en peu de temps. Même les personnes à la peau acnéique observent des résultats rapides et se rendent compte que lorsqu’elles arrêtent d’utiliser les compléments alimentaires recommandés, leur acné revient. Nous nous calquons également sur les saisons, car la peau a des besoins différents en hiver et en été. Bien communiquer avec la clientèle, tel est le mot d’ordre. Car aujourd’hui, elle fait beaucoup de recherches et est très critique. Nous, spécialistes, devons donc être capables de répondre à toutes les questions dans notre domaine d’expertise. »

L’avis d’une nouvelle venue

« Je suis esthéticienne depuis maintenant six ans, mais je n’ai ouvert mon institut qu’en janvier 2019, dit Julie Marchal d’Edena Esthétique, à Trois-Ponts. Je me concentre sur tout ce qui touche au bien-être : massages, soins du visage, mais aussi maquillage professionnel, pédicure médicale et soins des ongles (surtout le vernis semi-permanent). Parce que les problèmes de peau ont des causes externes, mais aussi internes, je jugeais important de proposer à ma clientèle des solutions pouvant traiter leurs problèmes (de peau) de l’extérieur comme de l’intérieur. Je travaille avec des produits de Pharmos Natur, la seule entreprise dans toute l’Europe qui utilise du gel d’aloe vera pur et bio d’Amérique centrale au lieu de l’eau. Ce gel est connu pour ses bienfaits pour la peau. Aujourd’hui, l’aloe vera est très populaire. On entend et on lit beaucoup de choses positives à son sujet, ce qui fait que beaucoup de clientes m’en parlent. Mais même si la cliente veut un produit à l’aloe vera, je laisse parler mon expérience et je lui recommande le bon produit en fonction de son problème ou de ses besoins. Les consommateurs d’aujourd’hui se soucient de plus en plus de leur santé. Les produits « naturels » ne cessent de gagner du terrain et on est davantage en mesure d’apprécier les bienfaits des plantes. De ce fait, je constate que les consommateurs sont de plus en plus à la recherche de solutions naturelles, pour leur bien-être et leur santé. Dès que je dis à mes clientes que je vends des compléments alimentaires, du thé, etc. qui améliorent la santé et embellissent la peau, elles sont immédiatement intéressées. En ce qui me concerne, les produits qui embellissent la peau de l’intérieur sont aujourd’hui incontournables dans tout salon de beauté. »

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