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Actifs marins aux algues et caetera !


Vos clientes associent les algues juste aux soins minceur et thalasso ? La vague marine déferle pourtant dans toute la cosmétique afin de leur rendre de multiples services. Hydratation, fermeté, régénération, éclat, protection contre les dommages cutanés de la pollution …

Catherine malaise

En avril 2019 à Paris, les algues étaient les stars du salon international des ingrédients et matières premières cosmétiques (In-Cosmetics Global). Les marques n’ont que de bonnes raisons pour les intégrer dans leurs formules. La première est une composition à faire verdir d’envie les meilleurs « super aliments » : vitamines (A,B,C,E), pigments antioxydants, oligo-éléments, acides gras essentiels (omegas 3-6-9), protéines, acides aminés, terpènes. Le tout livré à bon port grâce à l’excellente affinité que les algues entretiennent avec la peau. En plus de ce flot de molécules bioactives, elles possèdent, en effet, une matrice extracellulaire assez similaire à la nôtre. On y trouve de fortes concentrations en fucoïdanes : la matière de base du ciment entre les cellules cutanées. L’explication réside peut-être dans le fait que les algues, apparues il y a 3,8 milliards d’années, sont à l’origine de la vie terrestre ! Sur les 40.000 espèces répertoriées à la surface du globe, seuls 40 sont exploitées. Luttant contre le froid, les courants et la sécheresse des marées basses, ces plantes ont développé la faculté de potentialiser la richesse minérale des océans et d’en restituer les vertus fortifiantes, régénérantes et ré-équilibrantes.

Une incroyable diversité

Des macroalgues de plusieurs mètres aux microalgues unicellulaires de la taille d’un globule rouge, voyons ce qui pousse dans le jardin subaquatique…


Les algues brunes : la Laminaria digitata des côtes bretonnes possède des pouvoirs régénérants, l’Ascophyllum nodosum exerce des effets raffermissants et anti-rougeurs. Le Fucus vesiculus cumule des actions apaisante, drainante et hydratante. Le Kombu du Japon se révèle un champion de l’activation du collagène. Les algues brunes déploient une protection globale contre le vieillissement prématuré et les méfaits des polluants.


Les algues vertes : la Chlorella vulgaris redensifie, l’Ulva lactuca reminéralise. Les parois des algues vertes fournissent des polysaccharides à l’origine d’un actif anti-inflammatoire bien connu, le L-rhamnose. Leur cellulose sert aussi à stabiliser les émulsions et créer la viscosité des gels.


Les algues rouges : la Palmaria palmata relance la microcirculation sanguine, la Furcellaria lumbrecalis augmente l’acide hyaluronique. Certaines algues rouges (et brunes) désamorcent les dégâts des polluants grâce à leurs « polyuronides » qui limitent la libération des médiateurs de l’inflammation et l’activation des neurorécepteurs impliqués. Elles sont donc les alliées idéales des peaux sensibles. De leurs tiges ondoyantes, on retire des « carraghénanes » : ces polymères procurent tenue et sensorialité aux textures cosmétiques.


Les microalgues : un effet régénérant inversement proportionnel à leur taille ! Bien que d’eau douce, la spiruline et la chlorella contiennent d’impressionnants cocktails de minéraux, oligo-éléments, vitamines et antioxydants. Très riches en lipides, les microalgues marines fournissent des extraits huileux bénéfiques pour les peaux sèches. Ce sont surtout leurs vertus anti-âge qui ont généré les nouvelles textures sérum-en-huile. Par exemple, l’Ulkenia récoltée en mer du Nord agit comme un « lipo-filler ». Sa composition lipidique est si proche des membranes cellulaires qu’elle s’y fond avant d’inciter les cellules à mieux communiquer.

Raffermir, hydrater, protéger

Malgré leurs propriétés différentes, les algues partagent trois actions majeures.

  1. elles recréent de la fermeté. La jonction dermo-épidermique, les structures d’ancrage des kératinocytes dans la membrane basale et la barrière cutanée sont renforcées. Ce travail de « remaillage » cutané combat aussi le relâchement en boostant collagène et élastine.
  2. elles freinent la déshydratation. En stimulant la synthèse des lipides, les algues augmentent la capacité de la peau à retenir l’eau. Cela la revitalise, lui redonne de l’éclat et de la « matière » grâce aux acides aminés qui contribuent à reconstituer les tissus.
  1. elles régulent l’activité antiradicalaire. Les pigments des algues cachent de puissants antioxydants qui leur permettent de survivre à marée basse. Dans la peau, ils relancent le métabolisme cellulaire, gèrent les dérapages des mélanocytes, dégrisent et illuminent le teint.

Une déferlante d’applications

Recréés par biotechnologie ou naturellement présents après séchage et broyage, les mécanismes de défense des algues sont presque partout à l’œuvre ! Soins antirides, crèmes restructurantes, hydratants intensifs, boucliers antipollution, traitements réducteurs de pores ou de sébum, sérums préventifs des taches pigmentaires, formules apaisantes pour peaux irritées, produits solaires et soins du contour de l’œil !
A ce rythme-là, ne risque-t-on pas d’épuiser la flore marine ? Les récoltes sont heureusement limitées par des quotas, réalisées à la main et sans arracher la base des algues. Des fermes aquacoles se créent pour produire les algues des cosmétiques. Setalg, fournisseur d’ingrédients marins, cultive le premier champ d’algues : ce site a été classé « Espace naturel remarquable de Bretagne ».

Quoi d’autre dans le vivier marin ?

L’eau de source marine, issue d’anciennes sources chaudes au large des côtes bretonnes. Comparée à l’eau de mer, cette eau contient jusqu’à 12 fois plus de manganèse et 9 fois plus de zinc ! Les collagènes marins font la force de nombreuses formules antirides. Ils sont obtenus par hydrolyse contrôlée des peaux et cartilages de poisson. Les producteurs y ajoutent vitamine C, zinc et manganèse. En Asie, ils n’hésitent pas à utiliser le collagène… des méduses ! L’Europe dit non. Exploiter les mollusques pourrait néanmoins s’avérer prometteur pour l’anti-âge et la protection solaire. Coraux, éponges, anémones et étoiles de mer vivant à faible profondeur dans les lagons tropicaux se protègent du soleil avec des substances qui absorbent les UV.
Une gorgone (variété de corail) des Caraïbes a déjà fourni à un géant de la cosmétique l’inhibiteur d’élastase de ses crèmes lift. Le plancton (10 à 100 milliards d’organismes par litre d’eau de mer !) pourrait, lui aussi, devenir un réservoir de nouveaux actifs.

Repérage côté nouveautés

L’une des 6 cures d’ampoules « Botanicals Collection » BABOR combine algues et plancton pour un regain d’énergie en une semaine. Les Soins Jeunesse à la Spiruline BERNARD CASSIÈRE offrent un indéniable effet repulpant grâce également aux extraits d’algue brune et criste marine. On retrouve la spiruline parmi les « super ingrédients » antioxydants et régénérants de la ligne AlgoEclat ALGOTHERM. Globale, restructurante, 100% d’origine naturelle :
la Crème du Temps ABSOLUTION préfère les services du wakame atlantique. Cette algue brune raffermit, défroisse, unifie et hydrate avec l’aide de 18 extraits végétaux dont la vaillante fleur d’edelweiss. KLAPP a veillé à glisser un ferment biotechnologique marin dans sa précieuse crème anti-âge Diamond infusée de peptides et de fines particules de diamants.
Chez MARIA GALLAND PARIS, la crème hydratante énergisante 260 Hydra’Global augmente le taux d’acide hyaluronique dans la peau. Elle en renforce les mécanismes de défense via un complexe protecteur à base d’une macroalgue et d’eau de source marine. Marque pionnière des soins marins, THALGO mise sur une haute concentration d’acide hyaluronique et de pro-collagène marin pour ses nouveaux fillers visant les rides installées. La gamme Hyalu-ProCollagène comprend un gel-crème hydratant à effet mat adapté à la chaleur estivale. Instantanément, la peau est fraîche et le reste jusqu’au soir. •